blog de la Ligue des droits de l'Homme section Istes Ouest Provence dans le 13.
Marseille, le 3 avril 2008
Préfecture de police des Bouches-du-Rhône
Monsieur Jean-Luc MARX
Préfet de Police
2, Boulevard Paul Peytral
13006 MARSEILLE
Courrier adressé par fax au 04 91 55 56 72
Monsieur le Préfet,
Retenu à Paris par mes activités parlementaires, je viens d’apprendre la garde à vue de M. Philippe CHOUARD, membre de l'ASTI et de la CIMADE, ingénieur retraité de Cadarache, officier de réserve, 74 ans, militant infatigable des droits de l'homme, et notamment des droits des étrangers.
Ainsi, M. CHOUARD a été interpellé à Aix-en-Provence hier, le 2 avril 2008, vers 17 heures 30, et placé en garde à vue, alors qu'il distribuait des tracts appelant à la manifestation de l'UCIJ (Unis contre l'immigration jetable) programmée le 5 avril prochain.
Je ne peux croire qu’aujourd’hui, en France, on puisse arrêter une personne au seul prétexte qu’elle informe les citoyens d’une prochaine manifestation.
Comment comprendre une telle mesure autrement que comme une provocation, une attaque délibérée envers les femmes et les hommes qui sont engagés dans la reconnaissance des droits des enfants et de leurs parents « sans papiers » ?
Arrestation de M. Florimond GUIMARD, animateur du Réseau Education Sans Frontière 13 courant 2006, arrestation de 2 étudiants qui participaient au blocage de la gare St Charles dans le cadre du mouvement étudiant contre la LOI de Réforme des Universités fin 2007, et aujourd’hui arrestation d’un sénior qui milite en faveur des droits de l’Homme.
Force est de constater une criminalisation récurrente des militants, qu’ils soient représentants syndicaux, étudiants, membres associatif, etc…in fine une tentative de réduire au silence ceux qui expriment leur opinion, leur mécontentement dans la rue.
Soit M. CHOUARD représente une véritable menace pour les citoyens et la ville d’Aix, auquel cas les faits reprochés ne peuvent être la simple distribution de tracts, soit la place de ce Monsieur n’est pas en cellule, auquel cas, je vous prie, Monsieur le Préfet, de prendre les dispositions nécessaires pour rendre à M CHOUARD sa liberté.
Vous en remerciant par avance,
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de mes salutations distinguées.
Robert BRET