blog de la Ligue des droits de l'Homme section Istes Ouest Provence dans le 13.
Les hommes invisibles ont pris la parole !
Solidarité avec les grévistes sans papier !
Ils sont salariés. Ils viennent du Mali, d’Algérie ou d’ailleurs. Ils travaillent dans la restauration, le nettoyage, le bâtiment. Ils payent des cotisations maladie et accidents du travail, mais ils ne bénéficient pas de l’accès aux soins. Ils payent des cotisations retraite, mais ils n’ont aucun espoir d’en toucher une Ils payent leurs impôts comme tout le monde sur le revenu et sur les produits sur lesquels la fiscalité indirecte est très lourde quand on gagne si peu !
Ces sont les travailleurs sans papiers, ces soutiers de l’économie française, ces obscurs des temps contemporains qui font marcher la machine économique. Ils comptent souvent de nombreuses années de présence sur le territoire français, souvent plus d’une dizaine. Ils sont venus pour vivre et pour faire vivre leur famille. Et s’ils trouvent des emplois, bien qu’ils ne disposent pas des autorisations réglementaires nécessaires, c’est qu’ils ne prennent le travail de personne, ils prennent celui qui n’est pris par personne.
Le 15 avril 2008, ils ont pris la parole, ils ne se tairont plus. Ils ne veulent plus vivre dans la peur du contrôle, dans l’attente de la régularisation, dans la précarité des conditions de vie. Ils ne veulent plus être des exclus de la vie sociale. Ils ne veulent plus être ces ombres que personne ne voit. Les travailleurs sans papiers veulent leur dignité.
La LDH soutient leurs revendications. La disposition récente qui prévoit une possibilité de régularisation de celles et ceux qui disposent d’un emploi régulier ne doit pas être utilisée au compte-gouttes, comme un geste symbolique limité à quelques exceptions : tous ces salariés, qui relèvent de son champ d’application, doivent en bénéficier. Car nous ne pouvons accepter que les espoirs nés de cette réglementation nouvelle aient été dans le même mouvement étroitement bornés par la parution de la liste des métiers concernés. Il faut changer cette pratique qui consiste à dire quelque chose dans une circulaire et à recommander son contraire dans les consignes d’application. Il faut en finir avec l’arbitraire et l’insécurité sociale qui entretiennent des conditions d’exploitation inacceptables. C’est non seulement une question de morale politique mais aussi, en dépit des mensonges xénophobes, l’intérêt de tous les travailleurs de ce pays.
La LDH exprime toute sa solidarité envers les grévistes, et agit pour obtenir la régularisation de tous les sans papiers et refuser une politique d’immigration dite choisie qui n’est qu’un camouflage de l’extension du domaine de la xénophobie d’Etat :
Ø avec les organisations syndicales quand ils sont salariés
Ø avec RESF quand ils sont parents d’enfants scolarisés
Ø avec UCIJ pour changer une réglementation inique qui crée des clandestins
Ø avec toutes les forces qui luttent pour l’universalité et l’effectivité des droits de l’Homme.
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