blog de la Ligue des droits de l'Homme section Istes Ouest Provence dans le 13.

Une politique du mépris aux racines coloniales
INTERVENTION DE LA FEDE LDH 13
Depuis cinq semaines, un mouvement social puissant, unitaire et déterminé mobilise la population de la Guadeloupe et au-delà les peuples de ce qui reste des vestiges d’un empire colonial.
Elle révèle justement une situation qui n’en a pas fini de solder les injustices, exactions et crimes de cette période.
Ce mouvement social porte des revendications légitimes et historiques.
Il dénonce des conditions de vie de plus en plus insupportables, conséquences directes du maintien de privilèges et de comportements prédateurs connus et tolérés de longue date par les autorités.
Comment en effet ne pas être révoltés face à de grands propriétaires à qui la République a fait cadeau de toutes les bonnes terres, en soi-disant dédommagement de la perte des esclaves, en 1848, lorsque l’esclavage a été aboli ?
A un crime contre l’humanité on a rajouté un crime social et économique !
Oui il est légitime et historique que les peuples demandent aujourd’hui réparation des injustices et souffrances subies.
Face à ce mouvement, le pouvoir a longtemps fait la sourde oreille, avant de chercher le pourrissement.
Le silence total gardé pendant plus d’un mois par le président de la République en dit long sur le mépris dans lequel sont tenus nos concitoyens d’outre-mer.
Le choix de l’humiliation, des insultes racistes et de la répression, avec l’envoi de milliers de policiers et gendarmes (un véritable pont aérien !) est à l’origine d’un durcissement qui a abouti à la mort violente d’un militant syndical. La responsabilité des autorités politiques nationales, présidentielle comme gouvernementales, dans cet engrenage dramatique ne peut être masquée par quelques concessions tardives et largement insuffisantes.
Une stratégie d’appareil d’Etat qui plonge là encore ses racines dans les logiques de domination et de répression de l’époque coloniale !
La Ligue des Droits de l’Homme dénonce et condamne les insultes racistes et les violences en réponse à l’exercice légitime du droit de manifester.
La Ligue des Droits de l’Homme dénonce et condamne le refus des oligarchies économiques de satisfaire la revendication centrale des 200 euros mensuel pour tous alors que banques et patronats locaux vont avoir leur part de gâteau des milliards récemment distribués par l’Etat.
La Ligue des droits de l’Homme dénonce et condamne le comportement irresponsable des plus hautes autorités de l’Etat, lesquelles en leur fond intérieur essaie d’appliquer à ces peuples insulaires la même considération, les mêmes traitements qu’ils appliquent aux populations des banlieues de nos grandes villes.