blog de la Ligue des droits de l'Homme section Istes Ouest Provence dans le 13.
STRASBOURG : NOUS ETIONS DANS LA SOURICIERE
Nous étions une centaine de la région ayant fait 14 heures de bus pour aller à Strasbourg dire notre opposition à l OTAN , cette machine de guerre, et la réintégration de la France dans le commandement intégré.
L’autoroute et les voies d’accès étaient bloquées pour empêcher le plus possible les pacifistes de rejoindre le lieu de la manifestation pourtant autorisée et dont le parcours avait été soigneusement négocié.
Après avoir longuement contourné la ville nous avons réussi à rejoindre l’esplanade du meeting. On sentait l’odeur des lacrymogènes partout.
On voyait des colonnes de fumées noires sur la gauche du parc et peu après les hélicoptères ont largues des gaz lacrymogènes , obligeant la manif à partir dans la direction opposée a celle prévue.
A chaque carrefour les CRS bloquaient la route et les organisateurs essayaient de négocier le passage. Nous avons fait trois seat-ings en attendant.
Au troisième nous étions dans une rue face à un petit pont de chemin de fer plus d’une demi-heure. Derrière l’hôtel Ibis finissait de brûler. Une habitante du quartier est venue dire au micro que se sont les habitants eux-même qui ont évacue les résidents de l’hôtel et les employés de la pharmacie. Les pompiers ayant mis plus d’une heure trente à arriver.
Derrière la manifestation les CRS ont lancé des lacrymogènes. Des « blacks blocks » et d’autres jeunes poussés par les lacrymos ont essayés de passer devant. Nous les avons contenus une dizaine de minutes puis avons été obligé de les laisser passer. Ils ont lancé des cailloux sur les CRS qui bloquaient le pont.
Pour les pacifistes aucun échappatoire les deux rues perpendiculaires étant des culs-de-sac.
Les CRS devant et derrière tiraient des grenades lacrymogènes et des flash balls à hauteur d’homme.
Les tous premiers sont passés sous le pont montrant leur « bonne foi » grâce à la nudité de l’un d’eux. .
Ne voyant pas d’échappatoire devant j’ai essayé l’arrière : entre deux tirs les CRS laissaient passer une vingtaine de personnes les bras en l’air comme des criminels !!!
J’ai vu des blesses, certes légers : cuisse, reins, pieds, mais également deux la tête en sang.
Plus tard nous étions assis, attendant les reste des manifestants, et inquiet pour eux, lorsque les CRS ont recommencé à nous envoyer des lacrymogènes pour nous pousser dans des rues de plus en plus désertes où la nuit venu nous ne pouvions ni nous restaurer ni nous abriter en attendant que les cars puissent venir nous récupérer
Il est évident que les ordres des CRS étaient d ‘empêcher et de disloquer la manifestation le plus possible. La jonction avec les pacifistes allemands n’a pas pu se faire car à aucun moment nous n’avons pu aller vers le pont de l’Europe.. La protection du quartier ou sécuriser le parcours prévu de la manifestation n’a jamais été leur but.
La voix démocratique des opposants de l’OTAN a été étouffée par la mise à sac du quartier le plus pauvre de la ville, pendant que les CRS étaient occupés à entraver une manifestation autorisée.
Heureusement qu’il n’y a pas eu de mouvement de panique !
LA PAIX FAIT VRAIMENT PEUR .
Elisabeth.Grand présidente du Mouvement de la Paix de Martigues