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blog de la Ligue des droits de l'Homme section Istes Ouest Provence dans le 13.

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Rassemblement du 03 mai

Présidentielle 2007 :

Sarkozy, "cet homme est dangereux"

« Cet homme est dangereux ». Une formule qui est revenue comme un leitmotiv dans les interventions des orateurs du rassemblement d’hier soir, sur le Vieux Port à Marseille.


4 mai 2007

Il y avait du monde sous les parapluies rassemblés hier soir, à Marseille, sur le Vieux Port.

Avec l’objectif de « battre Sarkozy »,. plusieurs organisations politiques de gauche, syndicales et associatives, avaient en effet appelé à un « rassemblement pour le progrès social, la démocratie et les libertés ». Tout indique que sans une météo particulièrement capricieuse en ce jeudi 3 mai sur les bords la Méditerranée, les oreilles du candidat de l’UMP, qui n’ont pas dû manquer de siffler, auraient sifflé bien plus fort encore. « Encourageant pour le résultat de dimanche », confiait Serge Bonutti, le militant de la CGT qui avait conduit la lutte contre la fermeture de l’usine Lustucru riz d’Arles. « Sarko, dit-il, je le connais ». A l’époque ministre de l’Economie et des Finances, il avait pris devant une délégation des salariés du site qui s’était rendue à Bercy, l’engagement d’empêcher le mauvais coup qui se tramait. « On sait ce que ses promesses sont devenues ».

En revanche, poursuit-il, « le tout répressif et la conduite d’une politique ultra-libérale ne sont pas des promesses en l’air ». Florimond Guimard, cet enseignant traduit devant les tribunaux pour s’être opposé à l’expulsion d’un parent d’élèves sans papier, connaît lui aussi « cet homme dangereux » qui sévissait à l’Intérieur, à l’époque des faits reprochés à ce militant de RESF. Et, histoire de ne pas être en reste, Horiya Mekrelouf, présidente du MRAP Marseille, ajoute à son palmarès, « les lois CESEDA et l’annonce de la création d’un ministère de l’immigration et de l’identité nationale ».

Les syndicalistes ne sont pas en reste. Michel Costes responsable départemental de Solidaires rappelle que cette organisation « n’a pas l’habitude de donner des consignes de vote ». Mais là, il « appelle les salariés à voter contre Sarkozy. Y compris ceux qui ne se reconnaissent pas dans le programme de Ségolène Royal ». Les deux Benjamin, celui qui parle au nom de l’UNEF et son homonyme de l’UNL, dénoncent « l’auteur de cinq années d’attaques contre la jeunesse ». « Ils faut le battre ! », lancent-ils tour à tour. Quant à Mireille Chessa, la secrétaire générale de l’Union départementale CGT, « les menaces affichées contre le droit de grève, et contre le syndicalisme lui-même », la conduisent à « tout mettre-en oeuvre pour battre l’option Sarkozy ». Au nom des solidarités, « de fraternité, d’égalité, de liberté, de démocratie et de paix ».

Pour Bernard Gleize, de Rouge Vif, « Sarko est le candidat du Medef et du CAC 40, celui qui prépare une société de haine. L’auteur du concept esclavagiste d’immigration choisie ». Jean-Louis Marchetti qui prend la parole au nom de la LCR, y ajoute l’homme de « la remise en cause du droit de grève, des retraites, des services publics, de la réduction drastique du nombre des fonctionnaires ». Il appelle donc à voter contre « cet homme dangereux », même s’il est « sans illusions sur la politique que conduirait Ségolène Royal ».

Rémy Jean, l’un des animateurs de la campagne de José Bové, veut « faire barrage à Nicolas Sarkozy, parce qu’il constitue un danger majeur, et veut tourner la page de 1968 et celles de 1936 et de la libération ». Ce qui vaut au candidat de l’UMP, de la part de Jean-Marc Coppola, secrétaire départemental et dirigeant national du PCF, l’accusation de « révisionnisme ». « Parce qu’il veut gommer mai 1968 de l’histoire. Comme il veut gommer 1936 et le programme du Conseil national de la Résistance ». Personne, poursuit le conseiller régional communiste, « ne pourra dire que nous ne savions pas que cet homme est dangereux ». Aussi lance-t-il, « il faut dire haut et fort notre volonté de vivre libres, en utilisant le bulletin Ségolène Royal pour battre Sarkozy ». Lui-même le fera, « sans état d’âme ni hésitation ». Un choix qu’il appelle l’auditoire à faire sien et à « utiliser les trois jours qui restent pour multiplier les contacts pour convaincre que cet homme est dangereux ». On le voit, cette expression est revenue comme un leitmotiv dans les propos des orateurs qui se sont succédés à la tribune.

Si d’aucun en doutait, le récit par Madame Kassaci, mère de six enfants, des conditions dont son mari a été victime d’une tentative d’expulsion mise en échec, le premier mai par les marins de la SNCM, des militants syndicaux et de RESF est là pour rappeler jusqu’où peut aller une politique dont le candidat de l’UMP est l’inspirateur. Si l’on croit Catherine Lecoq, comédienne et conseillère régionale communiste, Prévert dont elle a lu un très beau texte n’en aurait pas douté un instant.

Christian Carrère (La Marseillaise, le 4 mai 2007)


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