Communiqué de presse résumé Marseille, le 3 janvier 2008
Dans le cadre de l'Université Populaire du Théâtre Toursky,
le 12 janvier 2008, conférence citoyenne
Les mâchefers d'incinération d'ordures ménagères :
un scandale bien enfoui ?
Quel rapport y a-t-il entre :
la fin des fêtes, avec ses repas en famille, ses huîtres et crustacés ;
le grenelle de l’environnement sur les déchets qui s’est terminé le 21 décembre dernier ;
les élections municipales, cantonales et régionales à venir ;
et les mâchefers d’incinération des ordures ménagères ?
Avec les deux fours d’incinération d’ordures ménagères de Fos-sur-Mer, 100 000 tonnes
de résidus de combustions, que l’on appelle des mâchefers vont être produits
annuellement. Pour chaque tonne de déchets ménagers incinérée, l’incinérateur produira
300 kg de déchets toxiques, que sont ces mâchefers et 50 kg de déchets hautement
toxiques, que sont les REFIOM (résidus de fumées d’incinérateurs d’ordures ménagères).
Au mépris de la Directive européenne réglementant la nature des déchets inertes pouvant
être recyclés dans les travaux publics, ces déchets toxiques que sont les mâchefers, qui
contiennent des métaux lourds, et des polluants organiques persistants, sont disséminés
un peu partout. Comme pour la pollution du Rhône, par les PCB, ces polluants se
répandent dans les eaux, se sédimentent en partie, s’accrochent aux végétaux mais,
surtout, se fixent dans les graisses animales et contaminent toute la chaîne alimentaire.
Ces contaminations ne sont pas de courte durée. Elles persisteront durant plusieurs
dizaines, voire plusieurs centaines d’années. À cause de ces disséminations de polluants,
dans très peu de temps, nous ne pourrons plus manger ni coquillages, ni poissons de la
Méditerranée. Il est désormais interdit de consommer les poissons du Rhône.
A l’issue du Grenelle sur les déchets, on apprend que l’incinération est encouragée par des
mesures fiscales incitatives. La scandaleuse circulaire de 1994 qui régit les mâchefers,
pourrait être abrogée. Nous demandons que ces déchets ne soient plus considérés comme
inertes et que les salariés soient protégés de leurs caractères cancérigène, mutagène et
repro-toxique (CMR).
Durant son mandat, le Maire de Marseille, Président de la CU MPM, a imposé ce mode de
traitement des ordures ménagères le plus polluant, sous le prétexte de fermer la décharge
d’Entressen. Si la justice ne met pas un terme à ce projet, pendant vingt-trois ans de
délégation de service public au privé, les électeurs et les contribuables vont payer la
facture. Nous sommes légitimement en droit de penser que la décharge d’Entressen
perdurera pour recevoir les mâchefers au devenir incertain.
Contact presse : jean-françois.friolet@laposte.net 06 61 58 79 70
Voir la liste jointe des associations signataires.